La 6ème édition du Festival des sciences et des arts s’est tenue entre Aix-en-Provence, Aubagne et Marseille, du 16 au 20 septembre dernier. Pour cette année 2025, le comité d’organisation du Festival – anciennement Festival Jeu de l’Oie – a souhaité explorer les liens et les interactions entre science et croyances.

Pour l’édition 2025 du Festival des sciences et des arts, Aix-Marseille Université (amU) et ses partenaires ont fait le choix d’une thématique liant les sciences aux croyances. Si cette initiative n’a pas pour objectif d’opposer les sciences aux croyances, celle-ci s’inscrit dans le mouvement « Stand up for Science », ainsi que dans le dispositif « Choose France for Science » œuvrant pour les libertés académiques et l’intégrité de la recherche scientifique. En effet, à l’heure de la multiplication des infox (ou fake news), la médiation scientifique et la vulgarisation s’imposent comme des outils indispensables dans la lutte contre la désinformation et la défiance vis-à-vis des sciences. 

Le jeudi 18 septembre, la troisième journée de festival s’est déroulée au Musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée (Mucem) avec en premier lieu les mots de bienvenue de Marie-Charlotte Calafat, directrice scientifique et des collections du Mucem, et de Laurence Mouret, doyenne de la faculté des sciences d’amU. A la suite de la conférence Poussière d’étoiles d’Éric Lagadec, astrophysicien à l’Observatoire de la Côte d’Azur, nous plongeant dans une odyssée cosmique, et de la table-ronde dédiée à l’exposition « Lire le ciel. Sous les étoiles en Méditerranée », le public a été invité à quitter l’auditorium pour rejoindre le forum du Mucem. C’est en ce lieu que s’est tenue la carte blanche aux Instituts d’établissement d’amU : « Goûtez aux sciences ! ». Ce « café-débat » avait pour ambition d’inviter le public à échanger avec des chercheurs de différents domaines de manière détendue, autour d’une même table. 

Une initiative enrichissante pour le public comme pour les scientifiques

Lors de ces rencontres, l’Institut de Microbiologie, Bioénergies et Biotechnologie (IM2B) était représenté par deux ambassadrices, Véronique Receveur-Bréchot, biophysicienne au laboratoire de Bioénergétique et Ingénierie des Protéines (BIP), et Sophie Tronnet, microbiologiste au sein de l’équipe BiosCiences à l’Institut des Sciences Moléculaires de Marseille (iSm2).

« Il n’y a que des microbes dangereux (?). Les organismes ont besoin d’oxygène pour vivre (?). Tout ce qui est chimique est dangereux ou mauvais pour la santé (?). » Telles sont quelques-unes des idées reçues sur lesquelles Véronique Receveur-Bréchot et Sophie Tronnet se sont appuyées pour interagir avec les participants et échanger sur la démarche scientifique. 

Sabrina, qui possède quelques notions de microbiologie grâce à son parcours académique en biologie, a ainsi pu échanger avec les deux scientifiques de l’IM2B. L’un des points saillants a été de comprendre les travaux de recherche d’une biophysicienne au sein d’un laboratoire de microbiologie, mettant en avant l’importance de l’interdisciplinarité, l’un des axes majeurs de l’IM2B. La festivalière, très intéressée par le thème de cette 6ème édition, confiera que ce format de discussion est très enrichissant pour un large public, même non averti.

« On n’est pas dans notre tour d’ivoire » 

Pour Sophie Tronnet et Véronique Receveur-Brechot, le format du « café-débat » est complémentaire et tout autant nécessaire que les conférences grand public, en favorisant un échange plus personnalisé. Véronique Receveur-Brechot, insiste sur le fait que ce type d’événement permet de rompre avec la représentation du chercheur dans sa « tour d’ivoire », en allant à la rencontre directe du public. La biophysicienne souligne aussi la cohérence de s’attarder sur le sujet du rapport entre les sciences et les croyances étant donné l’actualité.

Sophie Tronnet a été surprise de rencontrer un public autant connaisseur, au regard de la pertinence des questions posées, celles de Sabrina notamment. La chercheuse en microbiologie était ravie des échanges très intéressants avec le public mais aussi entre chercheurs de domaines différents. 

La vulgarisation comme horizon

En préambule de cette après-midi scientifique, la doyenne de la faculté des sciences, Laurence Mouret, avait dénoncé la défiance envers la science observée outre-Atlantique et la remise en questions de faits scientifiques, comme par exemple la sureté des vaccins ou l’existence du dérèglement climatique. Interrogée sur la question, Sabrina estime que l’ignorance ou la négation de certains faits scientifiques peuvent, parfois, mener à des dérives sectaires.

« C’est important de montrer ce que l’on fait en tant que chercheur » 

La festivalière ajoute que, de son point de vue, la vulgarisation scientifique est très importante et apprécie que des chercheurs prennent le temps d’expliquer leurs travaux au grand public via différents formats : podcasts, vidéos ou discussion lors de festival de ce type. Sophie Tronnet va dans son sens et souligne, pour conclure, l’importance d’exposer les travaux des chercheurs au grand public : « C’est important de montrer ce que l’on fait en tant que chercheur ».